L’article sur la folie des fanfares balkaniques révélée au monde dans le Télérama du 24 mai m’a chatouillé le ventre, douce sensation qui m’a rappelé que depuis près de 20 ans, je suis un malade des airs qui rythment les moments de la vie de Zagreb à Varna, de Bratislava à Sofia…
Evidemment, Bregovic et Kusturica y sont pour quelque chose, mais il suffit d’avoir eu l’occasion de trainer ses guêtres dans les rues de Sofia ou dans les campagnes de Thrace pour savoir que le rythme des Balkans profite de toutes les occasions de la vie pour vous retourner les neurones et vous chavirer le coeur.
Pic Virhen, BulgarieMon plus beau souvenir, mon plus beau fantasme musical, je l’ai vécu au détour d’une large piste forestière du massif du Pirin. Au soir d’une longue randonnée au sommet du Pic Virhen, l’un des sommets les plus élevés de Bulgarie, je redescendais vers Bansko en savourant les parfums des sous-bois et en imaginant l’assiette de pilechki et chachliki arrosée de mavroud qui m’attendait ce soir là. Au détour d’une arête de la montagne, un rêve me saisissait, percussion, flûtes, bombardes, violons, des rythmes complètement hirsutes, au delà de ce que l’on peut imaginer sortir de tels instruments. D’où venait cette hystérie de son, ce rythme fracassé ? Je sortais de la forêt et découvrais une vaste clairière au pied de ce qui semblait être une piste de ski. Un océan de senteurs de prairie alpestres envahissait mes narines, et je découvrais la source de cette magie. Au bout de la piste carrossable, une buvette dans un chalet, quelques randonneurs fourbus attablés en terrasse, et une fanfare tzigane enveloppant la montagne de sa folie. Je n’en croyais ni mes yeux, ni mes oreilles, je venais de me prendre le Balkan des Ottomans en pleine face. Ce moment est gravé à jamais dans ma mémoire.









7 commentaires
7 juin 2008 à 1:20
Le soir de mon anniversaire, dans un bar un concert d’Odjila, un groupe Tzigane… on ne peut qu’être soufflé, emporté….excellent !!
9 juin 2008 à 11:51
j’adore lire tes découvertes, tes souvenirs…
10 juin 2008 à 6:06
“Au bout de la piste carrossable, une buvette dans un chalet, quelques randonneurs fourbus attablés en terrasse, et une fanfare tzigane enveloppant la montagne de sa folie.” Doux jésus c’est comme dans les livres. Joli !
13 juin 2008 à 8:28
C’est con, j’aime pas la musik ethnik…mais fort joli billet au demeurant ;))
14 juin 2008 à 12:46
c’est trop beau !
16 juin 2008 à 4:56
c’est isolé non … perso le vert ça me déprime, si on passait à autre chose parce que là à chaque je clique ça me fait bizarre bizarre
20 juin 2008 à 9:51
J’aime quand vous aimez…
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